Choisir une clôture équestre est une question esthétique, certes, mais pas seulement.
C’est aussi un arbitrage entre sécurité, solidité dans le temps et coût réel d’exploitation. Chez Eco-Ecurie, on construit nos préconisations sur deux piliers : la compréhension du comportement du cheval (l’éthologie appliquée) et le retour d’expérience du terrain.
Objectif : des chevaux en sécurité, des collisions évitées, et des infrastructures rentables sur quinze ans et plus.
La matrice des 7 risques d’avarie : analyse des retours d’expérience
Ainsi, nous avons mis au point cette matrice d’aide à la décision que nous livrons ici à nos lecteurs.
Pour la mettre au point, nous avons passé au crible une centaine de témoignages postés sur des forums spécialisés dans le cheval. Les propriétaires et les gestionnaires de centres y racontent volontiers leurs expériences et ces forums sont des mines d’or en termes de témoignages et d’échanges.
Aussi, analyser ce qui y est raconté en termes d’incidents, de « presque accidents » et d’erreurs d’installation est riche d’enseignement. Nous avons donc étudié 100 témoignages de ce type, partout dans le monde.
Ce n’est pas une étude scientifique, fondée sur un échantillon représentatif : c’est un retour de terrain à partir de témoignages.
Il est cependant massif et cohérent, et il fait ressortir sept scénarios de risques qui reviennent de façon récurrente. On les détaille pour que vous puissiez vérifier, poste par poste, si votre installation actuelle ou votre projet d’installation les couvre.
Les 7 risques identifiés
1. La panique et l’enchevêtrement.
Le cheval est une proie dans la nature, il ne l’oublie jamais : sa première réaction face à un danger, c’est la fuite. Tout événement, dans son pré, qu’il interprète comme un danger, déclenche donc un réflexe de fuite.
Si cette fuite le mène contre un barbelé ou un fil métallique tranchant, les lacérations peuvent être profondes. Dans les témoignages analysés, les clôtures et les fils reviennent comme la cause de 38 % des plaies traumatiques recensées.
2. Le franchissement forcé.
Un cheval qui manque de fourrage, ou qui subit la pression sociale d’un groupe trop dense, va chercher à fuir les agressions ou à atteindre l’herbe de l’autre côté de la barrière.
3. L’intrusion extérieure.
Un animal errant ou du grand gibier qui traverse le pré peut déclencher une panique de groupe.
4. La dégradation climatique et mécanique.
Les rubans vibrent, et cette vibration use les conducteurs. Les UV et le gel fragilisent en plus les polymères de basse qualité.
5. La perte de tension électrique.
La végétation qui touche la clôture crée des fuites de courant vers la terre. Résultat : le cheval teste la limite, ne reçoit plus de décharge, et prend l’habitude de forcer le passage.
6. La blessure naso-nasale entre parcs voisins.
Deux chevaux dans des paddocks mitoyens, séparés par une simple ligne, peuvent se battre par-dessus la clôture – ruades, morsures, tentative de dominance. Le nez et la tête sont les premiers touchés.
7. L’erreur humaine.
Un portail mal refermé, un isolateur qu’on a oublié de vérifier : la maintenance courante reste la première ligne de défense contre les accidents graves (voir le guide d’électrification agriculture.gouv.fr).
Le choix des matériaux face à ces risques
Le bois traditionnel offre une bonne délimitation visuelle et une contention rigide, adaptée aux chevaux calmes en écurie active ou en stabulation libre. C’est une solution traditionnelle et esthétique.
Il faut veiller à éviter deux situations défavorables : les chevaux qui s’ennuient dans un espace trop petit. Ils le rongent, et sa rigidité le rend dangereux en cas de choc (il peut se briser en éclats tranchants et provoquer un empalement).
L’alternative, dans ce cas est Horserail : un ruban en polyéthylène haute densité armé de câbles d’acier galvanisé, qui encaisse jusqu’à 2,6 tonnes de traction tout en fléchissant sous l’impact d’un cheval ou d’une chute d’arbre (voir Ce type de clôture pour chevaux qui garantit leur bien-être).
Pour l’électrification permanente, on privilégie le fil Hotcote, gainé d’un polymère conducteur lisse : bonne conductivité, bon rendu visuel, et aucun risque de lacération en cas de glissement sous tension (voir Comment choisir la clôture idéale pour votre cheval).
| Risque | Déclencheur | Solution de conception |
| Panique / enchevêtrement | Fuite contre un fil tranchant | Ruban large et souple (Horserail) |
| Franchissement forcé | Manque de fourrage, densité sociale | Espace suffisant, gestion du troupeau |
| Intrusion extérieure | Animal errant, gibier | Clôture périmétrique robuste |
| Dégradation climatique | Vent, UV, gel | Matériaux de qualité, tension correcte |
| Perte de tension électrique | Végétation en contact | Débroussaillage régulier, entretien |
| Blessure entre parcs | Conflit territorial | Double couloir de séparation (80 cm à 1 m) |
| Erreur humaine | Portail, isolateur oubliés | Check-list de maintenance |
À retenir cette matrice est une synthèse de terrain, tirée d’une centaine de retours d’expérience. Elle sert un objectif concret : vous donner une grille de lecture pour auditer votre propre clôture, risque par risque.
Éthologie et conception : pensez votre clôture comme la voit le cheval
Une vision dichromatique et un champ de vision particulier
Le cheval a une vision dichromatique : il ne dispose que de deux types de cônes rétiniens, ce qui limite sa perception aux tons jaunes, bleus et verts, tandis que le rouge lui apparaît comme un gris neutre.
Conséquence directe : un fil ou un ruban rouge ou vert se fond dans la végétation environnante et augmente le risque de collision (voir notre série d’articles sur les clôtures et le bien-être du cheval). Ce qui compte pour l’œil du cheval, ce n’est pas la couleur vive, c’est le contraste avec l’arrière-plan.
Ce qui signifie donc aussi :
-concevoir avec les angles morts
(deux zones aveugles concentrent le risque de collision voir notre article sur les risques)
On en tire une règle de conception simple : donner de la matière visuelle à la clôture. On privilégie des lices larges et bien visibles qui s’imposent clairement dans le champ périphérique du cheval et le dissuadent de tester la limite par des poussées ou des tentatives de saut (voir ci-dessous).
À retenir un cheval qui fonce dans une clôture n’est presque jamais « imprudent » : il ne l’a tout simplement pas vue. Contraste visuel fort et largeur des lices sont vos deux meilleurs outils de prévention.
Clôture et stress pour le cheval
Avant tout, il est indispensable de prévenir tout état de stress chez le cheval afin d’éviter que le cheval n’abîme ou ne détruise la clôture. Tout cheval présent dans un espace clôturé devra disposer d’un endroit où s’abriter, de nourriture suffisante et d’un point d’eau.
Ce dernier point est important : le cheval doit se sentir bien à l’intérieur de son espace, même si celui-ci est entouré d’une clôture.
La mise en œuvre
La mise en œuvre d’une clôture pour cheval se déroule en trois étapes principales :
- Planter les poteaux de coins et les piquets sur environ un tiers de leur hauteur totale (scellés ou non). Ce rapport 1/3 – 2/3 est important pour la solidité du piquet et la fiabilité de la clôture finale qui va prendre appui dessus.
- Pose des lices, des fils et du système électrique selon la solution choisie
- Pose des barrières et portillons d’entrée et de sortie
La question du coût
Le raisonnement économique est évidemment primordial dans le choix d’une clôture.
Ceci d’autant plus que l’investissement dans les barrières et les clôtures est un des investissements les plus importants pour un centre équestre.
Ceci étant le coût n’est pas la même chose que le prix.
Dans l’analyse du coût, il faut tenir compte de toutes les variables qui entrent en ligne de compte tout au long de la vie du centre :
- l’entretien : combien de temps vont passer vos équipes à ôter les herbes sous les fils des clôtures électriques, à traiter le bois, etc.
- les risques d’accidents ou d’incidents : s’il faut, certes, ajouter un facteur de probabilité, une évidence s’impose : plus vous faites de choix susceptibles de favoriser des risques, plus le coût sur la durée sera élevé (voir notre analyse des témoignages d’incidents)
- la durée de vie : il faut raisonner TCO (total cost ownership : coût total pendant toute la durée de propriété de la clôture). C’est cette notion qui définit le seul et véritable coût. Dans cet article, nous vous proposons une méthode complète pour calculer le TCO de votre installation.
- enfin, il faut déduire de ce coût les subventions et aides auxquelles vous pouvez prétendre, notamment si vous optez pour des solutions qui sont très favorable au bien-être équin.
Encadré :
Les différentes solutions proposées par ECOVEGETAL SOLS EQUESTRES
HORSERAIL est une clôture en polyéthylène armé de fils d’acier conçue pour durer. C’est une solution économique garantie dans le temps et qui garantit un niveau de sécurité optimal. Différentes couleurs disponibles : marron, noir ou blanc.
Le HORSERAIL est disponible également en version électrifiée (HOTTOP) garantie 30 ans. Cette clôture résiste à la corrosion, à la traction et aux chocs : résistance mécanique jusqu’à 2,6 tonnes en version 3 fils. Elle résiste également aux fortes températures. Cette solution est esthétique et sécuritaire pour les chevaux. Elles aussi très économique. Notamment pour ce qui est du nombre de piquets. Un piquet seulement tous les 5 mètres soit 30% de moins qu’une clôture bois. La pose est simple et rapide.
HOTCOTE est une clôture électrique composée d’une âme en fil d’acier de 2,5 m avec protection anti corrosion en zinc et aluminium. Cette solution est garantie 20 ans, résiste parfaitement aux UV et ne nécessite qu’un poteau tous les 9 mètres.
ECOVEGETAL propose également l’installation de lices en bois. LICE CONFORT en épicéa de forme ronde, demi-ronde ou plate. LICE PERFORMANCE en octowood jointe ou non-jointe.
Clôture en bois pour cheval ce qu’il faut savoir
La clôture en bois reste celle qui, en termes d’image, évoque le plus l’univers du centre équestre et du monde du cheval. Elle apparaît comme infranchissable pour le cheval et sécurisante pour l’espace : les intrusions y sont moins faciles. C’est la clôture qui semble le plus associée à l’animal « cheval ». On a le sentiment que l’animal la connaît depuis toujours.
Ce type de clôture a une très bonne tenue dans la durée. Elle offre un aspect très sécurisant pour le cheval. Elle sécurise également les personnes qui se situent aux abords. L’épicéa (ou Dura) avec lequel est fabriquée la LICE CONFORT ou encore l’octowood de la LICE PERFORMANCE proposées par ECOVEGETAL SOLS EQUESTRES sont des bois classés classe IV. Ces bois peuvent être en contact permanent avec de l’eau douce : ils sont imputrescibles. Ce classement est important tant pour la lice que pour le piquet.
Clôture électrique pour cheval
La clôture électrique fonctionne sur le principe de l’apprentissage. Le cheval reçoit une « punition » lorsqu’il s’approche. Sa mémoire étant particulièrement affûtée (c’est une des caractéristiques bien connue du cheval), ce système s’avère particulièrement efficace. Même en cas de panne électrique, une fois l’apprentissage effectué, le cordon reste, dans l’esprit de l’animal, un clôture non franchissable.
HOTCOTE, la solution proposée par ECOVEGETAL SOLS EQUESTRES est un fil électrique composé d’une âme en fil d’acier de 2,5m avec protection anti corrosion en zinc et alu. Cette clôture électrique est efficace pour la sécurité du cheval. HOTCOTE est disponible en rouleaux de 250m ou de 400m.
Ensuite certaines règles sont à respecter pour choisir sa clôture. Par exemple, la hauteur des piquets ainsi que le nombre de fils dépendra du type d’individu. Selon l’IFCE (institut français du cheval et de l’équitation) ,
- pour un cheval, prévoir une clôture à 2 fils minimum d’une hauteur de 80 à 140 cm
- pour une jument, prévoir une clôture à 3 fils disposés à hauteur de 50, 90 et 130 cm
- pour un étalon, prévoir une clôture à 4 fils disposés à hauteur de 50, 90, 130 et 170 cm
- pour un poney, prévoir une clôture de 3 fils disposés à hauteur de 20, 50 et 80 cm.
Les piquets devront être espacés de 3 à 5 m en fonction du type de piquet et de l’exposition au vent.
Clôture pour cheval en polyéthylène
Ces clôtures ont l’avantage de limiter les risques de blessure pur le cheval, de bien résister aux chocs ainsi qu’aux amplitudes thermiques.
La clôture HORSERAIL ® est constituée de polyéthylène armé de 2 ou 3 fils d’acier, enrobés d’une couche en alliage de zinc et d’alu traité anti-UV.
C’est cette alliance du plastique à la couleur de bois et de l’acier à l’intérieur qui en fait son aspect esthétique, son côté pratique et sa facilité d’installation.
On pose cette lice sur du piquet en bois, et cela permet une installation très facile et très rapide. C’est aussi très résistant aux UV et aux chocs. Pour le cheval, l’aspect visuel de la clôture est parfait : à l’instar de la clôture bois, elle lui paraît un obstacle naturel non franchissable.
On peut combiner la clôture électrique et la clôture en polyéthylène armé. Cela devient alors le dispositif HOTTOP, évoqué ci-dessus.
En conclusion,
Le choix de la clôture en fonction de plusieurs critères :
- La taille des chevaux
- Leur comportement : individus stables ou stressés (plus un cheval est fougueux, plus la clôture doit, visuellement, lui sembler infranchissable).
- L’environnement : présence d’une route passante, agglomération, proximité avec l’écurie, présence d’un autre groupe d’individus (juments, bovins, etc.), prise au vent, … Tout ceci doit être analysé, car cela peut jouer sur la facilité d’installation, pose de piquet, etc.
Les ressources alimentaires alentour sont aussi à prendre en compte : moins il y en a dans l’espace, moins les chevaux respecteront les clôtures et plus ils chercheront à les franchir. - Le rendu souhaité (standing du centre).
- Le niveau de sécurité et la fiabilité du système pour le cheval, le cavalier et le spectateur.